Retirer son enfant de l’école

Le Québec et le Canada semblent faire preuve d'une plus grande ouverture que d'autres pays lorsqu'une famille souhaite réaliser un projet «hors norme».

Des Européens de plusieurs pays nous ont affirmé qu'ils ne pourraient jamais retirer leurs enfants de l'école, même pour une semaine. Des Allemands ont même juré qu'ils iraient en prison s'ils osaient! On se permet d'en douter, mais leur réaction témoigne d'une conception étroite de l'éducation qui est malheureusement très répandue.

Et pourtant, ne dit-on pas que les voyages forment la jeunesse?

Notre expérience


Voici l'expérience que nous avons vécue. N'hésitez pas à montrer cette page web au directeur ou à la directrice de votre école! Vous pouvez également communiquer avec nous à info@mondebivouac.com pour de plus amples renseignements ou des conseils.

Julien, à 11-12 ans, n'a pas fait sa 6e année du primaire à l'école. (Au Québec, il s'agit de la dernière année du primaire.) Son enseignante de 5e année lui a préparé un cahier de mathématiques et nous nous sommes procuré un cahier d'exercices en français. Au cours du voyage, nous faisions 0,5 heure de mathématiques et 0,5 heures de français par jour, environ 5 jours par semaine. Pour le reste, Julien a lu plusieurs romans et il a beaucoup plus appris l'anglais en voyage qu'il n'en a jamais appris en classe. Il a même acquis une base en espagnol.

Noémi, à 15-16 ans, n'a pas fait sa 4e secondaire, une année que d'aucuns jugent primordiale pour l'admission au cégep (système scolaire québécois). Le Collège de Montréal, où elle étudie, a fait preuve d'une très grande souplesse. Il lui a proposé, à son choix, de reprendre ses études en 4e secondaire à son retour ou de poursuivre en 5e secondaire à certaines conditions.

Noémi devait absolument apporter avec elle les manuels de mathématiques de 4e secondaire, étudier les mathématiques et faire des exercices afin d'être en mesure de poursuivre en 5e secondaire. Pour les autres matières, il n'en tenait qu'à elle d'assumer la responsabilité de ses apprentissages. Il n'y aurait aucun contrôle. Elle a lu des romans en français et en anglais et elle a écrit tous les jours, même le dimanche (!), dans son journal de voyage.

Au Québec, le cours d'histoire de 4e secondaire est obligatoire pour obtenir son diplôme. À son retour, Noémi a obtenu l'aide du professeur d'histoire qui l'a guidée dans ses lectures et qui lui a donné des exercices. Ensuite, elle passé un examen de reprise (normalement pour ceux qui ont échoué la 1re fois). Il faut souligner et saluer tant la souplesse de la direction du Collège de Montréal que la générosité du professeur d'histoire qui a accordé son temps à Noémi.

Notre aînée, Evelyne, avait terminé ses études préuniversitaires et aurait commencé l'université. Elle n'a donc que retardé son entrée d'un an.

L’école à la maison ou par correspondance?


Il existe des organismes qui aident les parents à faire l'école à la maison (une possibilité au Canada) et la possibilité de suivre des cours par correspondance. Durant la préparation de notre voyage, nous avons étudié ces possibilités, mais les avons écartées rapidement. L'environnement en voyage est très propice à l'apprentissage, mais pas de la même manière qu'il l'est à l'école ou à la maison. Premièrement, nous ne pouvions transporter avec nous tout le matériel scolaire pour toutes les matières. Deuxièmement, nous n'aurions pas d'adresse pour recevoir par courrier du matériel en cours de route. Troisièmement, notre horaire ne nous permettrait pas de faire l'école sur une base régulière. Et enfin, les frais faisaient gonfler notre budget.

L'école à la maison, c'est bien quand on est à la maison. Pour l'école en voyage, il fallait trouver autre chose.

Nous avons alors envisagé la possibilité que les enfants ne fassent pas d'école et qu'ils reprennent là où ils avaient laissé à notre départ. Leurs amis auraient une année d'avance - sur le plan scolaire -, mais ça ne les empêcherait pas de les voir.

Cependant, à notre retour, Julien et Noémi ont choisi (et le Collège de Montréal leur a permis de faire ce choix) de poursuivre leur scolarité là où ils auraient été rendus. Et, somme toute, ça n'a pas été trop difficile.

      Leçon de mathématiques dans un restaurant
      sur une plage de Goa en Inde.


      Pas toujours facile l'école en voyage (mais
      l'école n'est pas toujours facile «à l'école» non
      plus)! Remarquez le porte-serviettes qui dit:
      «Cheers to life»!
     


      Un peu de lecture pendant la descente du
      Mékong au Laos.